jeudi 12 mai 2016

Le Costa Rica à la diète : Un récit de moto-aventure éloigné et non-planifié

J’ignorais comment ce si petit pays d’Amérique Centrale, pourtant relativement développé et aisé, juché entre le Pacifique et la mer des Caraïbes et traversé par une chaîne de montagne contenant plusieurs volcans pouvait aussi bien s’apprêter à un splendide trip de moto-aventure à l’improviste et ce, sous le décor des Dakar de ses dernières années.  La diète, elle ?  Et bien, c’est de faire toutes ces belles découvertes en territoire inconnu avec seulement qu’un petit sac et en enlevant près de 400cc sur nos montures habituelles d’Amérique du Nord.  Voici l’histoire d’un voyage de dernière-minute mais qui restera imprégné dans la mémoire à tout jamais !






Lever les pattes :

Une faille s’est rapidement ouverte en début avril, entre deux contrats de travail, pour choisir (lire plutôt : imposer) de lever les pattes et prendre une ou deux semaines de vacances en quelques part.  La décision devait être rapide et sans prendre trop le temps à songer où et quoi faire.  Par chance, un vieil ami habite le Costa Rica depuis une dizaine d’années et me recevrais chez lui no problemo. Par deuxième chance, les billets d’avions étaient ridiculement pas cher pour s’y rendre en avril (genre, moins cher que Toronto) et une rapide vérification de ceci sur Expédia est donc aussitôt devenue décisive.

Une valise à moitié vide avec juste une couple de t-shirt, des shorts, mon bêling et des flip-flops ne semble pas prometteur d’un voyage qui restera gravé dans la mémoire…du moins, par pour l’aventurier dans l’âme que je suis…que nous sommes tous ici en fait. Faque, une petite recherche éclair sur le forum de AdvRider et je savais maintenant qu’on pouvait faire la location de moto là-bas avec conseils d’itinéraire et tout. Alors boum, l’autre moitié de ma valise maintenant comblée avec mon jacket de moto, mes pantalons et une paire de gants et hop, j’étais déjà assis dans l’avion avec ce qui semblait s’enligner comme un voyage de moto-aventure en pays étranger.

C’est plutôt une fois rendu chez mon pote là-bas que j’ai pris un peu plus de temps à m’organiser un petit itinéraire en me renseignant davantage sur les récits Costa Ricains des différents aventuriers en moto sur le web.  La plupart semblait avoir fait l’acquisition de leur moto de location chez un espèce d’ex-scandinave du nom de Thorsten installé dans la capitale San José depuis près de vingt ans et qui opère la compagnie Wild Rider.  Après avoir vérifié avec lui la disponibilité de ses motos et pris rendez-vous pour en prendre possession d’où, en moins de 5 minutes, il m’a proposé un itinéraire sur carte très varié et m’a prêté casque, outils, cadenas (les Costaricains craignent énormément le vol), bottes (j’avais oublié les miennes), sac étanche de transport et bungees.

C’est donc sur une Honda XR250 Tornado (un modèle d’Amérique du Sud) bien battue que je me suis élancé seul avec le reste de mes cossins à la conquête de ce petit pays, à relief très varié : Côte Pacifique avec séries de plages chaudes à perte de vue, mer des Caraïbes turquoise, chaîne de montagne avec plantations de café, volcans, forêts tropicales et plus de réserves et parcs nationaux que d’églises à Montréal.  Que l’aventure commence !




Jour 1 : Fuir la grande ville vers les volcans

La chaîne de montagne qui traverse le pays au complet se sépare brièvement en deux au centre du pays, créant une grande vallée d’où s’est installé San José, la capitale, ainsi que les méga-villes banlieues qui sont respectivement les 2e, 3e et 4e plus grosses villes du pays.  Inutile de dire qu’avec près des 2/3 des habitants du pays, on ne reste vraiment pas longtemps ici dès qu’on monte sur la selle: Direction montagnes au nord.

Il fait chaud tout le temps là-bas.  Ce n’est pas compliqué comme chez nous. Par contre, leur année est quand même divisée en deux :  saison sèche (Décembre à Avril) et saison de pluie (Mai à Novembre).  Les nuages commencent à s’installer sporadiquement depuis février mais finissent seulement par y rester et se laisser aller complètement à partir du mois de mai.  Ceci veut dire que les fameux volcans seront rarement visibles dans ce pays, contrairement aux belles photos touristiques dans les brochures et sitewebs sur le pays.  Le volcan Poas, le premier arrêt de ma route en quittant San José et un des deux seuls qu’on peut se rendre jusqu’en haut par route, n’était qu’un beau brouillard au final, humide et relativement frais compte tenu de l’altitude. Dommage, car cette route était parfaite, avec un bitume qui, aux yeux de Québécois, avait été fait il y a moins d’un mois, alors que ceci devait faire 8 ans au réel, et avec toutes ses courbes et switchback trop bien calibrées.  Je me suis donc arrêté pour rebrousser chemin à quelques kms seulement du cratère ennuagé afin de poursuivre mon chemin l’autre côté de la montagne.  La descente sinueuse m’a amené à une série de chutes d’une hauteur et débit impressionnant (La Paz) située juste sur le bord de la route au sein d’une végétation de superbes « plantes de salon ».

Jusqu’ici, le cylindré de 250 de la moto ne manque pas de punch, surtout compte tenu des courbes qui se suivent tour à tour et que la limitation de vitesse qui s’en suit (entre 30 et 80 km/h) demeure toujours bien en deçà de sa courbe de puissance.  Seule chose à noter concerne une certaine hésitation lorsqu’on met les gaz en montant à haute altitude, fort probablement par baisse d’oxygène au moteur : Ceci peut se corriger en enlevant temporairement le filtre à air, chose qu’évidemment j’ignorais et que je n’ai pas fait sur le coup, endurant plutôt les nombreuses hésitations du moteur en top de montagne.  Sinon, la légèreté de la moto lui donne une agilité dans toutes ces courbes répétitives que je commence à réellement apprécié, ce que je n’ai pas vraiment senti auparavant avec ma (pas si) grosse 600 à la maison.  Cette sensation de contrôle me fait sentir en pleine confiance et surtout, me fait sourire jusqu’aux oreilles. Je suis jusqu’ici très comblé et aucunement déçu de la « diète ».  Reste à voir ses performances hors route…je commence à avoir hâte.

Mon parcours improvisé pour la journée me fait revenir en direction de San José mais seulement question d’emprunter des routes sinueuses re-traversant la chaîne de montagne, en passant par plusieurs petits villages de montagne, et en retournant vers le nord en direction d’un autre volcan, Arenal.  Plusieurs stands de fruits frais et d’eau de coco froide s’étendent tout au long de la route (ici et dans le reste du pays).  Ce seront dorénavant mes arrêts snack et « gatorade » mais 100% naturels…je suis d’autant plus comblé.

Arenal est probablement le volcan le plus connu du pays car il est le dernier à être entré en éruption (à peu près la même période que la dernière Coupe Stanley des Maple Leafs) et possède la forme iconique d’un volcan : un cône parfait et dénudé en grande partie de végétation (lorsque non-coupé en deux par un nuage, évidemment).  Cette région recèle de sources thermales, ce qui procure un repos parfait pour une première grosse journée de moto du voyage (et de la saison).  Je me trouve un hotel quelque kms le long de ma première petite route de terre du voyage et je m’écrase dans un « jacuzzi » naturel avec quelques bonnes cervezas frescas bien méritées.



Jour 2 : Des volcans à la plage

J’avais pris un forfait itinérance à l’étranger avec ma compagnie cellulaire avant de partir et j’avais pris le soin de « uploader » la carte du Costa Rica sur mon téléphone.  Suite à ma première journée faite à l’ancienne avec une carte papier et des routes surlignées, j’ai compris que la gravelle se trouverais (uno) loin de la vallée centrale (San José) et (dos) en suivant les plus petits chemins zoomables de la carte de mon cell.  C’est alors que je planifie de suivre les brèches entre la série de trois autres volcans au nord-ouest de Arenal en essayant de trouver toutes les routes de gravelles que je puisse tomber dessus, en commençant par celle en sortant de l’hôtel en direction d’un grand lac situé au pied du volcan. Quelles vues ! J’ai été gâté par un Arenal complètement dégagé, un lac à distance, de vrais « ranch » de l’Amérique Latine bordés de cocotiers, et surtout des collines et vallées parfaitement ronde à pertes de vue avec arbres et plantes exotiques.  Le petit chemin de terre était relativement bien tapé sans trop de substances « looses ». Je commence à apprivoiser la XR sur le rough et, contrairement à mon (maintenant) pseudo-tank à la maison, à prendre énormément confiance à négocier les courbes à vitesse.

Arrêt dîner dans le premier petit village au bout du lac dans un resto Allemand (????), tenu par un ex-hippie d’une vingtaine d’année au pays ayant fort probablement fumé son billet de retour à l’époque. La bouffe était bonne mais chère et le gars d’apparence sympathique mais encore trop « space » pour tenir une conversation droite sans distractions.  Beaucoup d’endroits au pays constituent un refuge (ou une retraite) pour ce type de personnage occidental échoué ou la version surf tatouée d’actualité.  Cette expérience sociale plutôt moyenne me fera dorénavant porter une attention particulière à ces « refuges » afin de demeurer là où l’expérience de voyage restera la plus accueillante et authentique possible.  Sur le sujet des étrangers, les Costa Ricains semblent avoir une idée généralement négative des américains, les « gringos », mais toute la confiance et l’amabilité décuple lorsqu’ils comprennent que nous en sommes pas.  Soupoudrez ça avec un peu d’espagnol parlé (disons plus que « bonjour », « au revoir », « une bière svp » et « où sont les toilettes ») et ce seront rapidement les gens avec qui vous aller vouloir la prendre cette bière.  Et après tout, c’est bien eux qui nous accueilles dans leur charmant pays ?  Les chemins de terre vont définitivement m’y mener.

Au bout du lac, une autre route de gravier sinueuse va m’amener vers la vallée du prochain volcan, passer une ferme d’éoliennes, des fermes tout-court, un soleil chaud, des stands d’eau de coco frais, et des villages de plus en plus pittoresques et isolés.  À l’horizon, des montagnes et des volcans recouverts d’une luxuriante végétation verdoyante. Le temps sec me fait trop apprécier ces arrêts « gatorade local ».  Une route barrée pour contrôle policier allait être mon premier défi en espagnol et un contact privilégié (mais pas nécessairement désirable) avec le peuple Costa Ricain…tout s’est bien passé, pas de demande de pot-de-vin (surtout après avoir été « dé-gringo-zé »), et en plus, fouillez-moi comment, mais j’ai même réussi à les faire rire…une bière avec eux aurait été bien, mais probablement pas le plus approprié compte tenu de nos habits fort différents.  Au fait, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu des policiers sans pantalons camouflage ! Sur cette constatation, je poursuis mon chemin qui va me faire emprunter une route de gravier vers la deuxième plus grosse ville du pays, Libéria.  Une bonne partie de cette route semblait avoir été creusée comme un canyon dans un sol très argileux et l’environnement était de plus en plus sec avec moins de végétation…l’effet est vraiment intéressant, un peu comme la scène finale sur l’Étoile Noire du vrai premier Star Wars !

Quelques kms passés Libéria, qui n’a pas vraiment d’intérêt pour un arrêt particulier autre que l’essence, il y a le deuxième aéroport international du pays.  C’est fort probablement par là que passent les gringos en masse pour atteindre leur destination soleil.  Je crains un peu la suite. En effet, la côte à cet endroit est parsemée de petites baies en demie-lunes avec plage, cocotiers, hotels et bars.  Il commence à faire noir et je ne veux pas rouler en noirceur, donc je m’arrête dans une de ces premières baies pour la nuit.  Le lieu n’est pas trop achalandé (fieuf), ni trop intéressant, mais j’entends au moins les vagues et l’odeur de la mer me rappelle que c’est d’abord et avant tout une vacance !



Jour 3 : Soleil et Plage

Alors comme c’est une vacance et que la plage et la mer m’appelle, aujourd’hui on roulera moins et on va se chercher un bel endroit pour se planter dans le sable, en longeant la côte vers le sud. Un des récits que j’avais lu, dont l’auteur tentait éviter autant les grosses destinations soleil des gringos que celles à vagues des surfers/hippies tatoués, suggérait un beau spot de plage plutôt « équilibré » en ce sens et qui semblait me donner une distance passablement raisonnable à franchir, alors je trouve un réseau de chemins de graviers et je m’y élance.

Je croise en effet les lieux hyper-touristiques de Coco, Tamarindo et Samara bourrés d’hotels, de bars et de restos, d’autres plus petites plages entièrement aménagées avec un ou deux gigantesques hotels de luxe tout-inclus, mais je croise aussi des baies complètement absentes de tout ceci avec plages bordées de petites habitations du peuple.  Un de ces arrêts avait un arbre dont un groupe de perroquet semblait apprécier s’y percher, mais pas autant que la famille de singe qui s’y reposait déjà, pieds et queue dans le vide : I guess ce sont les pigeons et écureuils gris du coin.

Il y a de moins en moins de chemins asphaltés.  La XR est à son meilleur dans le gravier, dont elle dévore avec totale assurance.  Les lézards préfèrent eux aussi les routes de gravier, j’en croise plein. Parfois, je passe à côté d’une plage et des cocotiers, parfois des fermes avec cette espèce de bœufs à très longue corne (Ox en anglais).

J’arrive à ma destination, Playa Guiones, une genre de plage protégée par le gouvernement donc il n’y a pas de développement directement sur le bord.  Tous doivent marcher pour s’y rendre. Il semble y avoir nettement plus de petites maisons en location que d’hotels.  On y retrouve donc une faune touristique très variée avec des jeunes familles, des enfants, des retraités, des backpackers, quelques surfers, du yoga, des genre de centres à concept « zen » et depuis quelques minutes, un motocycliste-aventure.

Je pose mes trucs dans un petit hotel, et je m’en vais me brûler pour une deuxième fois au soleil. Eau tempérée, superbe soleil jusqu’à son coucher, cerveza, ceviche…cé une autre journée bien réussie.



Jour 4 :  Gravier et Plages bout-à-bout

Ma première journée pratiquement sans asphalte, que du pur gravier tout au long, toujours en longeant la côte vers le sud.  Je suis maintenant dans la péninsule du Nicoya, au paradis du hors-route…et tout poussiéreux aussi.  Je croise ma première traversée de rivière à gué : Pas de crocodiles, je m’élance…la moto est rafraîchie, elle en avait grandement besoin.  Je vais en croiser trois autres comme ça en chemin, et ce n’est pas la moto qui s’en plains, mais plutôt moi qui aimerais bien me dépoussiérer un peu aussi.  Heureusement pour ça, il y a toujours une plage plus au moins abandonnée à un virage près.  Les caps entre ces plages deviennent de plus en plus haut, ce qui rends la route de plus en plus sinueuse et trippante en légère 250.  Le soleil est toujours au rendez-vous, ainsi que la chaleur et l’odeur de la mer.  Plusieurs arrêts beach s’imposeront alors.

Suivant toujours la carte sur mon cell, j’y remarque un beau chemin qui semble longer une de ces plages plutôt très longue et rectiligne. Arrivé sur place, il n’y avait pas de chemin en fait : les traces de pneus débarquaient tous sur la plage et disparaissaient sous l’eau.  C’est soit ça, ou un très grand détour de 45 minutes.  Thorsten m’avais parlé d’un endroit où je pouvais rouler sur la plage mais de faire bien attention aux marées et de ne pas s’y aventurer si la marée était haute.  Comme je captais toujours bien les ondes cellulaires peu importe ma localisation dans ce pays, j’active le 4G pour me renseigner sur les marées : trop tard, j’étais à 20 minutes de la marée haute, d’autant plus qu’on était à une ou deux jours près de la pleine lune (les marées sont toujours plus fortes à cette époque).  En contre-partie, s’est rendu presqu’impossible de trouver un endroit en Amérique du Nord où il est encore permis de rouler en véhicule sur la plage.  La grande majorité est interdite aux véhicules et, dans les rares cas où ce plaisir est permis (eg. Nord de Cape Cod), il faut faire l’acquisition d’un permis qui s’avère complexe et très dispendieux.  C’est donc maintenant ou jamais ma chance d’essayer ça.  La XR 250 m’a montrée jusqu’à présent qu’elle était une compagne fiable et en pleine possession de ces moyens, j’ai donc pleinement confiance que ce n’est pas à cet endroit qu’elle me fera défaut, même s’il ne reste presque plus d’espace pour rouler entre le sable toujours sec, mou et plein de débris et les grosses vagues qui cassent de plus en plus près…je m’élance donc, en territoire complètement inconnu, totalement nerveux comme quelqu’un qui pourrait être sérieusement pris dans une fâcheuse situation. Qui risque rien, n’a rien alors…allez-hop, cascade !

J’avance donc à vitesse constante surtout sans arrêter, j’ai l’impression qu’un seul arrêt pourrait être totalement mortel : Pas pour moi, mais pour embourber ma moto de location que je me voyais devoir abandonner aux crocs de l’océan à tout moment. Des fois, les vagues viennent faucher ma route, d’autres fois, je passe brièvement dans le sable trop mou.  J’évite un tas de débris par terre, troncs, noix de cocos, poubelles tout en essayant de me coordonner avec le recul des vagues cassantes.  Je conserve la constance de mon gaz, même si je sens perdre ma roue avant à plusieurs reprises.  Je ne veux pas rester pris. Mon cœur me débat.  Pas le temps de prendre des photos ni d’admirer le paysage.

Passé un cap, la plage continue encore pour un long bout, mais je remarque une cabane au loin et, en m’y rapprochant, un chemin derrière les cocotiers qui fait diriger les traces de pneus sur le sable soudainement réapparues derrière la ligne de la dernière vague, un sentiment de pure joie s’empare de moi.  Toute la nervosité redescend d’un seul coup. Yahoo !  Sti que s’était l’fun…faut refaire ça…mais non, pas maintenant, je vais ménager mes nerfs pour une prochaine fois lorsque j’aurais mieux « timer » mes marées et que je pourrai cette fois arrêter pour admirer le paysage et prendre des photos.

Cette aventure m’amène dans la zone définitivement « surf » du Costa Rica : Santa Teresa.  Des kms et des kms de belles plages avec superbes vagues quasi-infinies avec des kms et kms de bars et pubs le long du chemin pour tout oublier les exploits de la journée et t’obliger de tout recommencer le lendemain. Je peux comprendre qu’il y en a qui s’y accroche facilement les pieds à un jeune âge. Passé ce lieu très achalandé, existe un petit village découvert par les hippies-gringos durant les années 70, du nom de Montezuma, mais qui a pris une tournure légèrement moderne sans trop perdre l’héritage « zen » qu’ils ont laissé.  Ça semble être un équilibre acceptable nettement moins bruyant que l’autre et, de toute façon, il commence à manquer d’heure d’ensoleillement dans la journée, donc c’est là que je m’arrête pour la nuit. L’endroit ressemble un peu à un micro « Plateau » dur le bord de la mer avec une couple de cafés et de bons restos :  J’ai dû manger le meilleur plat du voyage à cet endroit.



Jour 5 : Le marathon des montagnes

Bon, il n’y avait pas d’air climatisé dans le petit hotel que j’avais trouvé.  Il n’était pas cher non plus.  Je n’ai pas dormi de la nuit à cause d’une chaleur totalement suffocante.  Pourtant, le meilleur du voyage reste à venir aujourd’hui : des « singletracks » en montagne vers l’endroit le plus haut en altitude du pays.  Mais, ce n’est pas à la porte et je devais donc me lever tôt, donc quelques minutes seulement après avoir réussi à trouver sommeil, surtout pour prendre un traversier qui me fera sortir de la péninsule.  Je réussi à m’y rendre juste à temps (environ une heure de Montezuma) et à retrouver un peu de sommeil sur une banquette toute la traversée.

Je débarque à Puntarenas un peu plus reposé et emprunte l’autoroute (la seule du voyage) jusqu’à Orotina afin de rapidement rejoindre les chemins sinueux vers les montagnes.  L’autoroute est là où la XR 250 perds tout son charme, mais de toute façon, en moto-aventure, ce n’est définitivement pas l’endroit ciblé.  Heureusement, je n’avais qu’environ 45 minutes à faire avant de sortir et retrouver un étroit pavé sinueux vers la montagne tout fraîchement fait : OK, j’avoue que ceci aurait été tout un charme avec ma 600, ou encore mieux une moto de tourisme, mais je demeure excessivement étonné comment la 250 s’est avérée tout aussi amusante à plonger dans chacune des courbes et surtout à réagir aux ajustements lorsque les virages ont été moins bien abordés.

Plus je m’enfonce, loin de l’autoroute, plus je monte en altitude et bientôt l’asphalte laisse sa place au gravier. Les villages que je croise sont d’autant plus reculés et authentiques, les routes sont à moi seul, sauf une couple de vieux Toyota Land Cruiser battus qui passent ça et là.  Au point le plus haut, je croise une gang de gringos en trip organisé KTM de la tête aux pieds qui prenait une pause: j’ai dû leur induire en erreur à mon passage avec cette Honda de couleur orange !  Je prends une pause moi aussi un peu plus loin dans un espèce de bar abandonné sur le bord d’une falaise : La vue est tout simplement fantastique !  Les 50 prochains kms seront un plaisir à redescendre en direction de la mer, toujours en route de gravier sinueuse au sein de forêts de plus en plus humide.

Arrivé sur la route principale qui relie le sud du pays avec le nord, je dois l’emprunter pour un autre 20 kms direction sud afin de trouver un autre chemin de terre, parallèle à celui que je venais de prendre et qui me fera monter à nouveau dans la chaîne de montagne, mais cette fois, à plus haute altitude.  Cette route, de Quepos à San Marcos, est définitivement le « highlight » du trip. Ça commence avec une traversée de rivière suivie ensuite d’un chemin de terre sinueux et interminable en montant à simple voie au beau milieu d’une forêt tropicale (rain forest) très dense et variée.  Un simple arrêt de 5 min., et vous y verrez certainement un animal exotique (du moins, pour nous) : C’est un Toucan qui s’est pointé le (long) nez dans mon cas !  L’odeur, la vue, le feeling de rouler dans cette jungle est un moment de moto très marquant, que je conseille à quiconque de vivre.
 

San Marcos est réputé pour son café de très haute qualité.  Les kilomètres sinueux à flanc de montagne à son approche révèlent toutes les plantations de ce grain tant convoité.  Je n’ai pas vu Juan Valdez par contre, c’était probablement la sieste.  Quoique non, il est proche de 16h maintenant et j’ai encore un 3h facile de route avant d’atteindre mon objectif de la journée, une ville qui s’appelle Turrialba.  Je dois clencher car ici, il fait noir à 18h tappant, peu importe le moment de l’année et avec la conduite imprévisible des habitants là-bas, surtout dans les centres urbains, il faut éviter la route par noirceur.  Ce n’est donc pas cette fois-ci que je vais prendre un succulent café avec Juan lui-même.  Ça sera pour une autre fois…définitivement.

Je ne réussi pas à battre la noirceur, mais je suis au moins sorti des montagnes pour rejoindre à nouveau la vallée centrale dans une ville qui s’appelle Cartago avant qu’il fasse complètement noir.  Cette ville avait l’air très chic et prospère avec plusieurs parcs et ruines, mais pas vraiment le temps d’apprendre pourquoi car j’ai une autre heure de route à faire.  Je me rends à mon hôtel à Turrialba tenue par une américaine très sympathique et toute aussi accueillante envers les canadiens que les locaux depuis le début du voyage.



Jour 6 : Rivière

OK, j’ai poussé la barre bien haute la veille, non seulement en émototion, mais surtout en endurance.  Aujourd’hui, c’est une journée de break de moto, mais certes pas d’aventure : Kayak de rivière sur la Rio Pacuare.  Du moins c’était le plan, jusqu’à ce que je constate rendu sur place que la rivière est à son plus bas record de tous les temps, genre de mix de fin de saison sèche et El Nino, et que tout chavirement goûtera invariablement aux roches qui effleurent maintenant la surface d’eau.  OK, pas un bon endroit pour s’infliger une blessure tout-à-fait évitable donc ce sera en rafting d’abord.

Drôle de s’adonner à ce sport lorsque toutes les instructions sont données en espagnol et que les participants sont tous locaux (et loco…moi).  C’est là que j’ai dû sortir le meilleur de mon espagnol et j’étais très étonné comment, sans être en mesure de pouvoir accorder mes verbes (mon dernier cours date de plus de 20 ans), j’ai pu raconter des histoires et me faire comprendre.  J’imagine que ça prend plus d’expériences immergé avec les gens locaux comme ceci pour être capable de mieux s’intégrer dans les mœurs et coutumes de la place…ce qui est plus difficile à faire lorsqu’on roule constamment.

Ça fait du bien de prendre une pause mais pas trop longtemps, surtout que Turrialba, à part être le point de base pour accéder aux grandes rivières du pays, ne vaut pas vraiment le détour culturellement parlant.  Un projet de ride moto intéressant en ce 6e jour aurait pu être de se rendre jusqu’à la mer des caraïbes à Puerto Viejo et de se tremper l’orteille dans les eaux turquoises au soleil du côté Atlantique, con cerveza muy fresca.  Ça sera pour une prochaine fois…définitivement.



Jour 7 : Dernière tentative d’un volcan.

Turrialba a l’avantage d’être à l’extrémité de la vallée centrale, donc c’est avec moins de kilomètres à franchir que je dois me diriger vers la boutique de Thorsten en après-midi pour lui remettre le bolide.  Je vais en profiter pour faire un dernier détour par les montagnes au nord de la vallée et, pour une ultime tentative, essayer de voir un cratère de volcan.  C’est le volcan Irrazu cette fois, le deuxième au pays qu’on peut accéder directement par une autre splendide route sinueuse : Encore une fois, le show est volé par un gros nuage, mais je m’arrête quand même pour observer le lieu, les installations et la boutique souvenirs (il faut bien que je commences à penser à ça).  Je suis accompagné d’un autre motocycliste là-haut : un Costa Ricain en belle et (toujours trop) propre F800GS.  Ma XR250 battue, splashée par les rivières et l’eau de mer, avec chunks de bouette, et poussière de route de gravelle partout paraît à côté de celle-ci…comme ayant passé un sale de beau temps ;-) !   Je quitte donc ce paysage sans encore avoir été témoin d’un cratère de volcan et je vais donc être obligé de me replonger dans mes vieux National Geographics à la maison pour me rappeler de quoi ça l’air.

Ma route se poursuit donc lentement vers San José, en prenant mon temps à emprunter les chemins les plus limitrophes avec la montagne avant d’être obligé de replonger dans la cohue urbaine.  Rendu là, je ne perds pas mon temps pour me diriger directement vers Wild Rider et ainsi remettre la moto, toujours toute crottée, à Thorsten.  Tout est correct avec la moto, elle n’a même pas passée proche de tomber, l’inspection de retour passe donc haut la main, et je fini mon séjour avec une balade à pied le reste de la journée dans le centre-ville de San José, question de décanter tous les beaux souvenirs que ces 7 dernières journées venaient de me faire vivre.

Je rentre donc le lendemain dans un Montréal à exactement la même température que je l’ai laissé deux semaines auparavant…no wonder, avec l’hiver qu’on a connu !  Par contre, je le fais, la tête remplie d’excellent souvenirs, d’images mémorables, et surtout, une super grande envie d’aller me chercher une CRF250L pour sortir tout le fun de nos sorties LLAs et surtout pousser la barre de cette nouvelle diète qui s’est emparée de notre groupe depuis un an encore plus basse.  J’avais déjà lu un article où l’auteur mentionnais que c’était nettement plus l’fun de conduire une petite moto dans l’tapis qu’une grosse moto sur une petite portion de toute sa puissance.  Après avoir passé ces 7 jours dans des conditions de conduite formidables et toujours très variées, je peux vous confirmer que cette hypothèse est totalement vraie.

Pura Vida !

Le Phélin

4 commentaires:

  1. Quel beau récit et superbes photos paradisiaques!! Ça donne vraiment envie d'y aller - quel est le meilleur moment de l'année pour des vacances au costa rica?

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  2. C'est mieux durant la saison sèche, décembre à avril, mais j'imagine que ça doit être très achalandé (donc vol dispendieux) jusqu'en mars donc je serais plus tenté de recommander novembre, avril ou mai. J'ai vraiment payé pas cher en avril pour le vol, la météo superbe et pas besoin de réservations d'hotels partout ou j'arrêtais. Chose certaine, aucune de vos conjointes refuseront un voyage au Costa Rica, donc c'est une bonne opportunité pour les embarquer dans un trip moto-aventure à leur insu ;-) ! On peux y trouver en location également des DR650, KTM Aventure et BMW pour réussir ce coup.

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  3. Wow Phil! Superbe récit, mais surtout, superbes paysages! Vraiment trippante ton excursion!!!!

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