lundi 7 septembre 2015

Une Aventure dans l’histoire: Essai de l’Ural CT 2015

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Sur DS Aventure Québec, on vous parle d’aventures, de motos Double-Usage et de motos-aventures. Et pour parler d’aventures, on ne peut passer à côté d’un modèle, qui à lui seul, a probablement vécu plus d’aventures que toutes les motos modernes réunies.

L’Ural est une moto dont les racines sont plus ou moins claires... D’origine russe, elle date de la deuxième guerre mondiale. Stéphane Goulet, de Goulet Moto Sports, nous a parlé passionnément des deux histoires entourant l’origine de cette mythique machine.

Elle existerait donc depuis 1941 ; les Russes avaient besoin d’une technologie mécanique pour les aider dans les débuts de la Deuxième Guerre Mondiale. Lors de l’envahissement de la Pologne, leurs soldats se déplaçaient alors sur des chevaux. Un traité germano-soviétique aurait été signé, les Allemands auraient vendu les plans de leurs BMW R71 à l’armée russe.

L’autre histoire parle d’un vol de cinq BMW-R71 allemandes par les Russes, que ces derniers auraient démontées afin de pouvoir les copier et les reconstruire. Dans ces années, 1.5 million d’Ural auraient été construites. L’Ural est ensuite devenue LE véhicule russe, au même titre que le Volkswagen (véhicule du peuple) l’a été pour le peuple allemand.

L’origine du mot Ural est en lien avec l’emplacement d’une usine à Irbit, dans les montagnes de l’Oural. Cette usine fut construite à cet endroit montagneux pour la protéger des potentiels bombardements stratégiques en période de guerre. Cette usine aurait d’ailleurs été rachetée en 2003 par un Américain (un Russe nationalisé Américain)…

Aujourd’hui, les Ural sont toujours construites en Russie, mais le siège social est à Seattle, aux Etats-Unis. La stratégie d’affaire est de pousser le marketing en Amérique, surfant sur la mode de tous les produits dits « vintage-cool ». L’Ural ne se vend simplement plus en Russie, les Russes recherchant d’autres produits que celui-ci, qui représente un vestige du passé. Un passé lourd de mémoires pour eux.

Quoique la carrosserie soit identique au modèle original, l’Ural a été grandement actualisée à l’aide de composantes modernes : IMG_5628

-Freins Brembo à l’avant et au sidecar ;brembo
-Freins à disque à l’arrière ;
-Commandes au guidon qui sont les même que les Ducati ;
-Alternateur Denso ;
-Système d’injection fabriqué par Bosch ;
-Suspension arrière Sachs, incluant le sidecar ;
-Amortisseur de direction pour augmenter la stabilité ;
-Démarreur électrique, et le « kick-start » est toujours en place.

IMG_5626Notre modèle d’essai nous a été fourni par Goulet Moto Sports. Ils sont les uniques dépositaires d’Ural au Québec depuis 2014, et c’est actuellement leur produit vedette. Leur salle de montre est très bien décorée pour mettre en valeur ces belles machines, et ils tiennent en inventaire au moins un exemplaire de chaque modèle disponible. Stéphane Goulet raconte fièrement que certaines journées, près d’une dizaine de personnes entrent dans son magasin juste pour l’Ural ! Ils sont aussi beaucoup sollicités par téléphone puisqu’ils ont l’exclusivité du produit pour la Province, et couvrent aussi le territoire des provinces maritimes.

La production annuelle mondiale est actuellement de 1500 unités. Environ 800 sont vendues aux Etats-Unis et environ 30 à 40 au Canada. Goulet Moto Sports vend plus de 50% du total vendu au Canada ! Par exemple, sur un conteneur de 18 Ural, une dizaine est livrée chez Goulet Moto Sports.

IMG_5624L’Ural est disponible en plusieurs modèles :

-La CT (modèle à l’essai) - $15,499;
-
La M70 - $18,599 ;
-
La Patrol (2 roues motrices) - $18,199;
-
La Gear-Up (2 roues motrices) - $18,599.

 

L’essai routier de l’Ural CT 2015

Le modèle prêté par Goulet est le CT, que nous prononçons « City ». Vous aurez donc deviné qu’Ural a pensé à un modèle de base voué plus à un usage urbain, contrairement à ses autres modèles avec deux roues motrices.

La CT vient avec des roues de 18 pouces au lieu de 19 pour les plus gros modèles, et n’est pas offerte en format à deux roues motrices. Elle est équipée de pneus Heidenau un peu plus carrés, et le sidecar est monté plus bas, facilitant la conduite en augmentant la stabilité. Le véhicule est plus « rapide », avantage associé à l’absence de l’arbre de transmission. Elle est équipée d’une transmission à 5 vitesses (4 avant et un reculons).

Quoique le modèle se veuille urbain, il ne faut pas sous-estimer la capacité de la CT à rouler sur des sentiers hors-route, d’où l’intérêt de DS Aventure Québec envers l’Ural. IMG_5637

Étant un conducteur de motos à deux roues depuis maintenant 20 ans, et n’ayant donc aucune expérience à conduire une moto avec sidecar, le premier sentiment est étrange. On croit tourner plus facilement d’un côté que de l’autre. Quand le sidecar est vide, lorsqu’on tourne vers la droite, il lève assez facilement, mais on ne se sent pas en danger. Ayant déjà conduit des Honda ATC plus jeune, je ne suis pas pris au dépourvu quand vient le temps de m’amuser à lever le sidecar et rouler sur deux roues. Mais lorsqu’un passager est assis dans le sidecar, on détecte tout de suite un sentiment de stabilité augmentée, autant en courbes qu’en lignes droites. D’ailleurs, M.Goulet et Jean-Claude Laurier, spécialiste Ural chez Goulet, me racontent qu’ils ont l’habitude de mettre du lest dans le sidecar lorsqu’ils roulent seuls.

Attachment-1Les Ural viennent équipées d’un moteur de 749CC, à 4 vitesses (5 avec le recul). C’est donc une moto qui se doit d’être conduite différemment des autres types de motos. On passe donc les vitesses lentement, pour une accélération respectable, mais non ciblée sur la performance. D’ailleurs, avec un passager, j’ai atteint environ 115km/h alors que seul, je maximisais ma vitesse autour de 100km/h. Ce n’est pas que le moteur ne peut pas faire plus, car Stéphane Goulet disait avoir atteint 130km/h. C’est tout simplement que le plaisir de rouler en Ural n’est pas d’atteindre des hautes vitesses. C’est une moto pour apprécier lentement les routes campagnardes ou la ville.

Si vous aimez passer inaperçus, ne roulez pas une Ural. C’est vraiment un véhicule qui fait tourner les têtes. Sur les lumières rouges, j’avais droit à des regards amusés et curieux, à des sourires, à des pouces en l’air et même à être pris en photo ! Quand je croisais d’autres motocyclistes, je n’avais pas simplement droit au salut habituel, mais très souvent à des « thumbs up » ! Même que l’Ural n’appartient à aucune clique. Souvent, les propriétaires d’Harley ne saluent pas les propriétaires de Japonaises, les sportives ne saluent pas les propriétaires de grosses routières. Bref, tous ne se saluent pas. Sur l’Ural, tout le monde me saluait !!! IMG_5640

En hors route, j’ai été étonné de la stabilité du tricycle, m’attendant à me faire brasser allègrement. La suspension travaille vraiment très bien et j’ai rapidement découvert le plaisir de la faire « drifter » en courbes. C’est d’ailleurs dans les sentiers que j’aurais aimé pouvoir tester une Ural avec deux roues motrices. Sur les routes pavées, je crois sincèrement que la deuxième roue motrice est tout simplement inutile, pour ne pas dire encombrante. Mais sur un sentier hors-route, en montées surtout, ça doit être tout un feeling de se faire propulser par deux roues motrices. Peut-être que DS Aventure Québec aura la chance de vous en parler dans un futur article…

J’ai rapidement découvert l’avantage de la stabilité de l’Ural en hors piste et surtout, de pouvoir reculer facilement. Cherchant à explorer tout ce qui pouvait m’accueillir avec mon amie d’un jour, je me butais à des obstacles ou des endroits trop étroits pour elle. Aucun problème, on recule facilement pour se replacer en position inverse et retourner explorer ailleurs.

IMG_5630L’Ural vient avec une toile pour couvrir le sidecar. C’est un élément très intéressant que je recommande d’installer avant d’attaquer des trous de boue. L’ergonomie de la machine fait en sorte que lorsque la roue avant attaque la boue ou les flaques d’eau, le sidecar se retrouve aspergé et de la boue salira facilement le siège. Elle est donc plus facile à nettoyer si le sidecar a été couvert en aventure hors piste.

J’ai roulé plus de 200km avec la CT qui m’a été prêtée par Goulet Moto Sports. Selon les spécifications du manufacturier, le moteur de 749CC devrait faire entre 6,3L/100km et 7,6L/100km. Le réservoir contient 18,9L, c’est donc une autonomie théorique située entre 248 et 300 kilomètres. Personnellement, après 200km, la lumière jaune clignotait avec les mouvements de la moto (une simpliste flotte fait office de mesure). Je doute donc que j’aurais pu faire les 300km annoncés par le constructeur. Mais bon, je dois admettre que je n’ai jamais roulé un véhicule qui consommait selon les spécifications des manufacturiers.

La position de conduite est devenue inconfortable à la longue. J’admets même avoir ressenti plus de fatigue après ma balade de 200km en Ural que 500km sur ma moto à deux roues. L’absence d’un pare-brise vient en partie IMG_5641expliquer ceci, puisque c’est le corps qui doit résister aux vents. Le siège m’est apparu trop avancé, je l’aurais bien reculé. En explorant, je n’ai pas vu d’ajustements faciles, mais on m’a assuré que ceci pouvait se corriger. Un autre élément agaçant est la position du guidon. Et je ne parle pas simplement de l’inclinaison vert l’avant ou vers l’arrière, mais bien la courbe intérieure du guidon au niveau des poignées, faisant en sorte qu’on doit courber le poignet pour bien tenir le guidon, ce qui s’est avéré être source d’inconfort à la longue. Mais encore là, la machine n’étant pas la mienne, je n’ai pas pu l’ajuster selon ma physionomie comme on le fait pour notre propre moto. IMG_5625

En résumé, l’Ural est un excellent choix pour quiconque ne voulant ou ne pouvant pas avoir une moto traditionnelle à deux roues. Elle est aussi un bon choix pour les motocyclistes qui refuseront de rouler une Spyder, car ils ne la catégorisent pas comme une moto. Elle est donc définitivement un achat intéressant pour ceux qui veulent quelque chose de différent. Sincèrement, si on pouvait lui trouver des pneus légaux pour l’hiver dans notre province, on pourrait très bien voir des gens rouler leur Ural à Montréal en hiver !!!

Avec une garantie de deux ans à kilométrage illimité, son prix élevé devient un investissement moins risqué. Et selon ce que j’ai appris de mes intervenants, Ural ne semble vouloir en produire beaucoup plus, alors il est logique de penser que les prix demeureront ainsi tant que la production ne sera pas plus élevée.

Je me suis posé la question suivante : Est-ce que je m’en achèterais une ? Sincèrement, dans le style de vie que j’ai, et pour ce que je fais avec ma moto, la réponse est non. Mais je ne représente simplement pas l’acquéreur type de l’Ural. Elle représente un achat intéressant pour d’autres styles de motocyclistes. Si j’habitais la Ville de Montréal, je crois que j’en possèderais une, et elle serait mon principal véhicule pour un style de vie urbain. Elle serait facile à stationner, pratique pour faire des courses, et je pourrais m’en servir pour fuir la ville et aller me balader en campagne ou dans des sentiers hors piste. Et pour une moto dont l’origine remonte au temps de la guerre, nul doute qu’elle est capable d’en faire plus que l’utilisation que j’en ai fait !

 

Points positifs :

-Exclusivité et rareté du produit ;
-Modèle vintage couvert d’une garantie de deux ans, kilométrage illimité ;
-Stabilité ;
-Capacité à rouler à trois (modèles avec deux sièges sur la moto) ;
-Moteur avec beaucoup de couple;
-Mes passagers ont indiqué avoir trouvé le sidecar très confortable.

Points négatifs :

-Le prix pour les modèles autres que la CT ;
-Le siège devient rapidement inconfortable, on aurait avantage à pouvoir l’ajuster facilement ;
-La position des guidons est inconfortable à la longue ;
-Difficile de trouver le neutre.

 

DS Aventure Québec tient à remercier Stéphane Goulet, de Goulet Moto Sports pour nous avoir gracieusement prêté l’Ural CT.

À propos de Goulet Moto Sports

La famille Goulet œuvre dans le milieu du commerce des motocyclettes depuis 1965. Trois générations se sont transmis la passion, et l’équipe actuelle exploite deux commerces : Un à Ste-Thérèse et un autre à St-Jérôme. Pour en savoir plus sur Goulet Moto Sports, visitez leur site Web : http://www.gouletmoto.ca.

Les Ural sont disponibles dans leur commerce de Ste-Thérèse. Vous pourrez en savoir plus en visitant le http://www.ural-quebec.com.

 

Taygher

1 commentaire:

  1. Très intéressant et très bien écrit cet article. Bravo!
    Marc

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Commentaires